Le square de la Liberté est un lieu de mémoire destiné à perpétuer le souvenir des victimes des grandes tragédies du XXe siècle.
Inauguré le 8 septembre 1946, le monument aux morts de la Seconde guerre mondiale a été sculpté par Émile Bailly, le père du résistant Pierre Bailly d’après un modèle robinsonnais. Il est rejoint dans le square en 2006 par le buste du général Andranik (1865-1927), héros de la résistance arménienne, et, en 2009, par une statute d’Albert Avetisyan et Désiré Bardot intitulée L’Homme libre en hommage à toutes les victimes des totalitarismes du XXe siècle.
L’inconnu du square de la Liberté
Au coeur du square de la Liberté, les promeneurs passent régulièrement chaque jour devant le monument commémoratif des Combattants et Victimes de notre commune, tombés durant la Seconde Guerre mondiale sans pour autant, soupçonner l’histoire de cette statue qui, pourtant, en résume tout le symbole.
Derrière ce fier résistant, debout, la chemise largement ouverte, dans une attitude de défi face au peloton d’exécution, exaltant le courage et le sacrifice, se cache un garçon bien réel, jeune Robinsonnais, ayant servi de modèle au sculpteur lors de la création du monument. Son nom, Jacques René Marie Priez, personnage, aujourd’hui totalement oublié, ignoré des habitants du Plessis-Robinson.
Ce jeune modèle, choisi par le sculpteur, n’était pourtant pas un inconnu dans notre ville. Jacques Priez vivait avec sa famille, rue Alexandre-Schimmel. Né le 2 juillet 1928, il n’avait que 18 ans au moment de l’inauguration du monument, et ne s’éteignit que beaucoup plus tard, le 5 mars 1999, à l’âge de 70 ans. La famille Priez était originaire de Loire-Atlantique, avant de venir s’installer au Plessis-Robinson. Elle développa une entreprise dans le bâtiment à Fontenay-aux-Roses, participant ainsi à la vie économique régionale.
La sculpture, quant à elle, fut réalisée par Émile Bailly, artiste reconnu, à l’époque pour plusieurs réalisations monumentales dont notamment, un monument funéraire au cimetière Saint-Vincent de Montmartre. Le nom d’Émile Bailly se trouva lié à l’histoire de notre ville car cet artiste était le père du docteur Pierre Bailly, chef efficace de la Résistance durant l’occupation, puis maire de la ville à la Libération.
Près de quatre-vingts ans après son inauguration, le monument aux morts 1939-1945 demeure et restera un pôle éternel de mémoire pour la population robinsonnaise.
Désormais, l’inconnu du square de la Liberté a retrouvé une bonne part de son identité, et, en tout cas celle d’un jeune Robinsonnais devenu, sans le savoir, le symbole de toute une génération.
Jean-Louis Delpuech
Histoire et Mémoire du Plessis-Robinson
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Sources
Jacques Ledeux
Claude Malétras
Jacques Zanghi dit Marius