Ici est dévoilé un document scolaire rare conservé aux archives municipales : un certificat d’études primaires de 1908 !
Un certif’ robinsonnais !
Le 16 juin 1908, « Monsieur Plet Georges Louis né le 25 octobre 1894 à Plessis-Piquet département de la Seine a été jugé digne d’obtenir le Certificat d’études primaires. ».
L’obtention de ce précieux sésame, à 13 ans révolus, marque la fin de l’instruction obligatoire et l’entrée dans la vie active de Georges Louis Plet, fils de Alphonsine Mairie Bouille et de Gabriel Auguste Plet, Chevalier du Mérite agricole, demeurant au 11, rue de Versailles (actuelle avenue Édouard-Herriot), lequel Georges deviendra horticulteur comme son père.
L’organisation de l’enseignement primaire
Sous l’impulsion de Victor Duruy, alors ministre de l’Instruction publique, une circulaire instaure un certificat d’études primaires dès le 20 août 1866, dont les modalités sont laissées à la libre appréciation des Conseils généraux. Ce n’est que dans les années 1880 que les méthodes d’évaluation seront organisées et harmonisées sur l’ensemble du territoire.
La loi « Jules Ferry » du 28 mars 1882 en précise les contours dans son article 6 :
« Il est institué un certificat d’études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l’âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d’études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. »
L’instituteur établit une liste qui est présentée au maire, lequel la transmet ensuite à l’inspecteur primaire.
Les épreuves écrites comprenaient une rédaction, une dictée, des questions de grammaire, de compréhension de texte, d’analyse logique, deux problèmes, cinq questions de calcul mental, trois questions d’histoire, géographie, sciences, dessin pour les garçons, couture pour les filles.
Pour l’inscription, chaque instituteur dresse, pour son école, l’état des candidats au certificat d’études.
Les pères de famille dont les enfants ne suivent aucune école fournissent au maire les mêmes indications.
La liste, visée et certifiée par le maire, est transmise, en temps opportun, à l’inspecteur primaire.
Seuls les meilleurs élèves de la classe sont présentés par l’instituteur, car un fort pourcentage de succès révèle la qualité d’un pédagogue, et plus d’un inspecteur primaire jauge la valeur professionnelle aux résultats obtenus. Un esprit de concours anime les instituteurs et des dérives interviennent en entrainant spécialement quelques sujets triés sur le volet au détriment des autres.
Pour atténuer cette fâcheuse tendance, les listes des reçus furent dressées par ordre alphabétique et non plus en fonction du nombre de points.
Examen redouté par les écoliers (la nullité d’une épreuve entrainant l’élimination), mais aussi par les instituteurs qui avaient la fâcheuse tendance à ne présenter que leurs meilleurs élèves, afin de viser un haut pourcentage de réussite à l’examen.
À cause de ces dérives, le Certificat d’études primaires devient le diplôme de l’élite primaire, et s’éloigne peu à peu de la vision de Jules Ferry, selon laquelle il devait attester des acquis d’une scolarité ordinaire.
Le Certificat d’études primaires s’essoufflera petit à petit, jusqu’à sa suppression en 1989, le primaire n’étant plus que la première étape d’une scolarité obligatoire.