Le Plessis-Robinson est marqué par l’histoire d’hommes et de femmes d’exception, dont celle d’Andréa Jacotin. Au péril de sa vie, cette femme généreuse et courageuse a sauvé des hommes, des femmes et des enfants de la barbarie nazie en les recueillant dans son pensionnat des Pyrénées-Atlantiques. Parmi eux, Romain et Liane Enten, deux enfants juifs du Plessis-Robinson
1940 : une Juste sauve une famille du Plessis-Robinson
Philippe Enten, né en Tchécoslovaquie en 1898 est avocat d'affaires à Venise, Genia Palzeff, née en 1901 en Autriche, est professeur de danse rythmique. Ils se marient en 1928 à Prague, et choisissent de venir vivre en France, " pays de la Liberté ". Philippe, dont les diplômes ne sont pas reconnus, se lance dans le commerce de chaussures en gros et Genia dirige un studio de danse rythmique à la salle Pleyel. Leur fils Romain naît en 1929, leur fille Liane en 1933. La famille Enten s’installe en 1936 avec la grand-mère maternelle dans un pavillon de la cité basse, à l’orée du parc Hachette (aujourd’hui Henri- Sellier).
Cachés chez Andréa Jacotin
En 1939, c'est la déclaration de guerre puis l’exode de 1940. Romain, 11 ans, et Liane, 7 ans, gagnent le sud de la France. Leurs parents, Philippe et Genia, les rejoignent plus tard. Ensemble, ils trouvent refuge au Paraclet. Fondé avant la guerre en Seine-et-Marne par Andréa Jacotin, le pensionnat s’établit dans les Pyrénées-Atlantiques lors de l’invasion allemande. Durant plus d’un an, Liane et Romain y seront logés et protégés comme de nombreux autres enfants. Lorsque les allemands envahissent la zone libre en 1942, ils sont cachés dans le village de Serres-Sainte-Marie grâce à la complicité d’un curé mais aussi de figures locales, tandis que leur père s’engage dans la Résistance. Dans un contexte de plus en plus difficile, la famille Enten et Andréa Jacotin parviennent pourtant à échapper à la police de Vichy.
« Juste parmi les Nations »
Face à l’oppression, des hommes et des femmes se battent dans l’ombre au sein de différentes organisations de la Résistance. D’autres protègent en secret des individus condamnés, traqués, déportés et exterminés pour le simple fait d’être nés Juifs. L’existence de ces résistants méconnus a été mise en lumière en 1963 par l’attribution de la plus haute distinction civile décernée par l’État hébreu, « Justes parmi les Nations », à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. Cette distinction a été remise à titre posthume à Andréa Jacotin en 2003 suite à une demande formulée par Liane Enten. Cette femme exemplaire a été recueillie par la famille Enten à la fin de sa vie. Elle repose depuis 1953 au cimetière du Plessis- Robinson, sous une belle pierre tombale. L’une de ses anciennes élèves y a sculpté une colombe, emblème de son école du Paraclet.