Aux origines de la cité-jardin du Plessis-Robinson, il y a la volonté de répondre à un problème de plus en plus urgent au début du XXe siècle : la surpopulation parisienne. La confrontation de deux plans conservés par les Archives municipales permet de mieux comprendre l’histoire de la construction de cet ensemble urbain.

Plan du premier projet de la cité-jardin haute conçu en 1919.

Aux origines d’un projet urbain visionnaire

Tout commence en 1917 quand l’Office public des habitations à bon marché (OPHBM) de la Seine acquiert le domaine de la famille Hachette au Plessis-Robinson. L’année suivante, l’organisme établit un programme de cité-jardin qui trouvera un écho particulier en 1919 dans le cadre du concours sur l’aménagement et l’extension de Paris. 

Ce concours s’apparente aux grandes consultations d’urbanisme encore organisées de nos jours visant à imaginer la ville de demain. L’équipe des architectes de l’OPHBM propose une « cité-jardin du Grand Paris », vaste ensemble allant de Vélizy jusqu’à Sceaux formant une véritable ville nouvelle susceptible d’accueillir jusqu’à 100 000 habitants. 

L’objectif des cités-jardins est d’associer les avantages de la ville (logements modernes, services publics, commerces, travail, transports en commun, etc.) aux agréments de la campagne (espaces boisés, jardins individuels, faible densité, cadre de vie aéré et non pollué, etc.). 

De cet ensemble imaginé en 1919 par les architectes Maurice Payret-Dortail, Paul de Rutté, Joseph Bassompierre et Paul Sirvin ne seront construits que deux quartiers : l’un au Plessis-Robinson et l’autre à Châtenay-Malabry.

Plan de l’ensemble de la cité-jardin en 1933.

Le parc préservé

Sur le plan de 1919 ne figure pas la cité-jardin basse avec l’avenue de la République qui sera pourtant le premier ensemble édifié en 1924-1925 (voir Le Petit Robinson de janvier). Le reste du projet sera mis en oeuvre de façon très différente comme le montre le plan de 1933. 

Le parc Henri-Sellier, initialement parsemé de petits immeubles, sera en grande partie préservé. Quant à la cité-jardin haute construite sur le plateau à partir de 1933, elle sera finalement structurée par une avenue centrale rectiligne (l’avenue Charles-de-Gaulle) flanquée symétriquement de grands immeubles en forme de U entourant des jardins familiaux. Le tout est très différent des petits immeubles collectifs prévus en 1919.

Une vaste opération de renouvellement urbain

La crise économique des années 1930 ainsi qu’un nouveau courant architectural fonctionnaliste ont conduit les pouvoirs publics à construire à moindre coût un nombre de logements plus important que celui envisagé dix ans auparavant. 

Depuis lors, c’est cette cité-jardin haute qui a fait l’objet d’une vaste opération de renouvellement urbain dans les années 1990-2000. Les immeubles anciens ont été détruits pour laisser place à la nouvelle cité-jardin que nous connaissons aujourd’hui.

Sources :

GUELTON, Mayalène. « La cité-jardin dans le Grand Paris », Inventer le Grand Paris, Paris. Biére, 2016.

« Les cités-jardins de la région d’Ile-de-France », Cahiers de l’IAURIDF, mai 1978. 

Voir aussi

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